Contexte de l’Androy

Madagascar figurait parmi les pays les plus pauvres d’Afrique subsaharienne avec 69.6% de la population (environ 20 millions d’habitants dont 85% des ruraux) vivant dans une situation de pauvreté et 60% dans l’extrême pauvreté.

Selon les statistiques d’avril 2011 du PNUD, Madagascar est classé parmi les trois pays les plus pauvres au monde, principalement en matière d’insécurité alimentaire et de scolarisation.

Selon la dernière enquête auprès des ménages (EPM 2010), le ratio de pauvreté dans la Région de l’Androy est le plus élevé (plus de 90) faisant d’elle, la région la plus pauvre de Madagascar.

Le rapport sur le développement humain du PNUD mentionne que l’indice de développement pour la région Androy en 2008 est 0,393 (l’IDH pour la Région Analamangaest de 0,628) et à l’échelle mondiale, si l’Androy était un état indépendant, il serait parmi les plus pauvres.

Située géographiquement dans l’extrême Sud de Madagascar avec une vaste superficie de 19 540 km², la région de l’Androy est en effet caractérisée par un climat tropical semi-aride connaissant un très fort régime éolien. La région est ainsi sensible aux crises alimentaires aigües les années de sécheresse. Ces crises (kere en dialecte local) prennent naissance les années de mauvaises récoltes, en particulier de mi-août jusqu’à l’arrivée des pluies, correspondant à la période de soudure. On note que des périodes de crises majeures se produisent avec plus ou moins d’ampleur sur des cycles de 10 à 15 ans. Ces phénomènes sont suivis de près par de nombreuses organisations d’assistance et d’intervention d’urgence et donnent régulièrement lieu à de la distribution d’aide alimentaire.

Avec une population totale estimée d’un peu moins de 600.000 habitants majoritairement Antandroy, jeune et rurale (PRD, 2005), les principales activités économiques de cette région enclavée reposent essentiellement sur l’agriculture de cultures vivrières (maïs, manioc, sorgho, patate douce) et l’élevage (bovin, caprin, volaille).

Cependant cette rareté en eau est la source majeure de la paupérisation de la Région puisque le problème en eau engendre des mouvements migratoires et une dégradation de la capacité de production agricole.

La région Androy demeure historiquement, depuis la période coloniale, à l’écart des investissements publics et des opérations menées par les ONG, projets et programmes de développement.

Le niveau de service en santé, éducation, sécurité, transport est très inférieur aux besoins de la population. Et malgré une population principalement rurale, l’investissement en agriculture demeure très faible, voire inexistant en ce qui concerne l’investissement privé.

Les échanges économiques locaux demeurent faiblement monétarisés.