L’entreprise

PhileoL Madagascar sarl est une société de droit malgache créée en 2008 ayant pour objet la production d’huiles brutes végétales destinées à l’exportation. L’usine de production se trouve à Tsihombe, Commune et district de Tsihombe dans la Région Androy. Les matières premières, constituées par les oléagineux dont le ricin principalement, proviennent des districts d’Amboasary, d’Ambovombe, de Tsihombe et de Beloha. PhileoL Madagascar a investi depuis trois ans principalement dans les relations humaines et dans la mise en confiance des différentes parties prenantes de la filière oléagineuse. Ceci a amené aux résultats actuels d’être la société la plus populaire de l’Androy, d’être connue comme bien faiseuse par l’amélioration de revenus de 7000 familles paysannes. Par ailleurs, la valorisation de la potentialité oléagineuse de la zone d’intervention se fait en harmonie avec l’environnement pour asseoir un développement durable de PhileoL Madagascar.

La filière oléagineuse

L’activité industrielle chimique mondiale se dirige à grande vitesse vers un approvisionnement en matière première issu du végétal. L’orientation prise de la production de bio-carburant en est une preuve. Toutefois, les besoins de la chimie (plasturgie, cosmétique..) étant quant à eux plus en adéquation avec les capacités agricoles, cette orientation paraît plus logique et intéressante pour la planète.

En ce qui concerne Madagascar, il a été identifié dans le Sud de Madagascar une énorme potentialité sur la production d’oléagineux. Parmi ces derniers, le ricin constituait l’une des principales sources de revenus de l’Androy entre les années 50’ et 70’. En effet, cette région produisait plus de 7 000 tonnes de ricin en 1965. La zone présente les facteurs pédoclimatiques requis pour la production de nombre d’oléagineux dont le ricin en particulier.

Le contexte rural

L’extrême Sud de Madagascar qui constitue la zone d’intervention de PhileoL Madagascar se caractérise par un environnement difficile dans tous ses aspects. Le rapport sur le développement humain du PNUD mentionne que l’indice de développement pour la région Androy en 2008 est 0,393 ce qui en fait la région la plus pauvre de Madagascar (l’IDH pour la région Analamanga est de 0,628), et à l’échelle mondiale, si l’Androy était un Etat indépendant, il serait parmi les plus pauvres.

La région Androy demeure historiquement, depuis la période coloniale, à l’écart des investissements publics et des opérations menées par les ONG, projets et programmes de développement. Le niveau de service en santé, éducation, sécurité, transport est très inférieur aux besoins de la population. Et malgré une population principalement rurale, l’investissement en agriculture demeure très faible, voire inexistant en ce qui concerne l’investissement privé.

Fortement marquée par les caractéristiques agroclimatiques locales, la vie en Androy est rude et les ressources disponibles toujours précaires. Les activités économiques sont soumises à des risques importants empêchant la population de se projeter dans l’avenir.

Néanmoins les populations locales ont su développer des stratégies d’adaptation telles que la polyculture de subsistance, le polyélevage extensif, le petit commerce… Elles tirent également partie de l’argent provenant de la diaspora interne (les hommes valides partis vendre leur force de travail dans d’autres régions du pays) pour faire face aux difficultés de la vie sur place.

Les défis à relever

Le développement des oléagineux dans l’extrême Sud, particulièrement celui du ricin, se positionne comme une alternative durable de source de revenus pour la population qui lutte cycliquement, sinon chroniquement, contre la famine. La relance de la filière apportera le développement socio-économique intégré tant attendu de la région et redynamisera le tissu économique régional de tous les secteurs d’activité. La société PhileoL Madagascar voudrait redonner à la région sa renommée d’antan en matière de production de ricin.

Les débuts

PhileoL Madagascar est une SARL créée grâce à la rencontre entre un ingénieur chimiste français et deux ingénieurs agronomes malgaches autour d’un produit : le ricin. PhileoL est née en septembre 2008 à Antananarivo, son siège social. En juillet 2009, afin de se donner les moyens d’assurer la croissance de ses activités, les créateurs de PhileoL ouvrent le capital de leur entreprise à Investisseurs et Partenaires pour le Développement, une société de capital à risque qui appuie les initiatives privées en Afrique. L’achat des graines de ricin et des graines oléagineuses a commencé dès fin 2008, l’activité d’extraction après implantation de l’unité a démarré en octobre 2009 et l’exportation a débuté en mai 2010.

La vision et les objectifs

Sur le plan socio-économique, PhileoL ambitionne d’installer dans l’Androy un réseau de producteurs organisés fiables, de promouvoir des pratiques équitables dans les transactions commerciales entre PhileoL et les producteurs organisés et de diversifier les sources de revenus des paysans de l’Androy par la promotion de la filière oléagineuse.

Sur le plan économique, PhileoL envisage à partir de 2014 de collecter 3 300 tonnes de graines de ricin auprès de 5 000 producteurs dans le Sud pour produire et commercialiser 1 000 tonnes d’huile. L’objectif à terme en vitesse de croisière est de produire 3000 tonnes d’huiles toutes espèces confondues dans le cadre du développement de la filière oléagineuse dans tout Madagascar.

Face à ses objectifs et conscients des particularités socioéconomiques de la région Androy, et soucieux en conséquence de contribuer au mieux être de la population, les associés de PhileoL ont choisi de s’engager dans une démarche de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) afin de concilier la réussite du projet économique avec des engagements sociaux et le respect de l’environnement.

L’activité courante

PhileoL est une entreprise de production d’huiles brutes végétales multi-usages (agroalimentaire, industrielle…). Les huiles sont produites par l’unité de transformation de Tsihombe puis exportées par bateau depuis Fort Dauphin en utilisant les nouvelles infrastructures du Port d’Ehoala vers l’Europe. En amont de la transformation, l’approvisionnement en graines oléagineuses se fait au niveau des paysans producteurs.

L’approvisionnement et la production de graines
Près de 7 000 paysans sont touchés par l’activité de production et de collecte de graines de ricin (kinagna en dialecte Antandroy), paysans répartis sur l’ensemble de la région, depuis Amboasary à l’Est (Mandrare) jusqu’à Marolinta à l’Ouest (Menarandra). Dans le cadre de la relance de la filière, PhileoL a assuré l’approvisionnement en semences, en intrants et en petits outillages agricoles (pulvérisateur, tamis…). Sous le suivi technique des agents de PhileoL, les paysans assurent tous les travaux agricoles depuis le labour jusqu’à la récolte puis livrent la production sur les points de collecte.

L’organisation de la collecte de graines de ricin se fait à partir des 33 points de collecte éparpillés dans toute la zone. Ceux-ci ont été mis en place soit sur des marchés hebdomadaires soit dans des Fokontany à gros potentiels. PHILEOL a construit 13 locaux de stockage tampon et a loué 5 autres locaux pour entreposer les graines en attendant leur enlèvement.

Par ailleurs, dans le cadre du développement de la filière oléagineuse, une campagne de collecte des autres graines oléagineuse (Jatropha mahafaliensis, neem, moringa…) a été lancée dans le but de permettre aux paysans d’avoir d’autres sources de revenus d’appoint en complément de celui du ricin. Une étude de faisabilité technique et socio-économique sur la valorisation des pépins de cactus rouge (non comestible) est en cours ; toujours dans le but d’offrir aux paysans des opportunités de revenus.

La transformation et exportation

Le processus de production est centralisé sur l’unité d’extraction. Avec une capacité de 3 tonnes de graines par jours, l’unité peut transformer 1000 t de graines par an. Cette capacité sera renforcée dans les années à venir pour assurer la prévision d’augmentation de production de graines. Un ajout de matériels a été opéré en 2010 pour améliorer le rendement du processus de transformation et pour répondre aussi aux exigences du client.

La logistique de stockage est formée par les cabanes de stockage tampon installées dans les chefs lieux de Commune ainsi que par des locaux situés à Tsihombe. Les huiles produites sont expédiées à partir du Port d’Ehoala vers l’Europe.

Les partenariats

Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement (SIDI) : société de droit français qui développe son portefeuille d’entreprise socialement responsable. SIDI a mis en place une garantie bancaire et une facilité de prêt en faveur de PhileoL pour faciliter la réalisation de son calendrier d’investissement. Cet appui est obtenu par le fait que PhileoL intervienne dans l’une des régions les plus pauvres de Madagascar et que ses activités comportent une plus-value industrielle, économique, environnementale et sociale. Ce dernier point constitue l’axe de travail fort de la SIDI.

Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) : cet organisme a appuyé PhileoL, suite à la visite de leurs dirigeants sur place, dans le financement d’une mission de l’ONG InTERREface qui a proposé, suite à une mission sur terrain en février 2011, des outils et méthodes pour accompagner PhileoL dans sa démarche selon une approche de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise. Il s’agit de prendre en compte les dimensions sociales et environnementales dans les stratégies d’action et d’être capable d’en mesurer les impacts.

Banque Européenne d’Investissement (BEI) : dans le cadre de l’amélioration de la productivité du ricin en paysannat, la BEI a accordé un appui financier pour démarrer le projet interne de formation et de suivi en 2010. Ce partenariat a permis de mettre en place les premières structures d’accompagnement pour le renforcement de compétence des paysans et le suivi rapproché des plantations ainsi que l’organisation de la collecte des graines dans une approche de proximité. Plus de 6000 paysans ont été recensé et suivi par 49 techniciens. Plus de 9000 livreurs de graines de ricin ont été répertoriés sur les 33 points de collecte.

ONG Secours Islamique de France (SIF) : l’existence de PHILEOL est une aubaine pour donner de nouveau souffle à l’économie rurale en intégrant l’appui à la culture de ricin dans leur programme via les travaux de défrichements des terrains de cactus et la réhabilitation des pistes sous forme de Vivre contre travail. SIF a démarré en début de saison pluviale 2011 avec le défrichement de près de 8 ha, répartis sur 3 sites, en collaboration avec des communautés locales dans les Communes de Beloha et Marolinta. Les terrains défrichés et nettoyés ont servi à la culture associée vivrière-ricin. PhileoL a assuré le suivi technique et la fourniture de semences.

Lancée depuis quelques mois, la tractation sur trois partenariats est en cours. Il s’agit de la collaboration avec GRET en vue d’exploiter un Centre Semencier pour produire des semences améliorées répondant surtout aux exigences agroclimatiques et de productivité. L’autre collaboration, avec FERT consistera à l’appui de PhileoL dans l’expansion de sa zone d’intervention dans la région d’Ihorombe qui présente à peu près les mêmes caractéristiques que la région de l’Androy pour accueillir la culture de ricin. Ceci est précédé par une étude de faisabilité socio-économique afin d’avoir la meilleure approche pour introduire le ricin en tant que nouvelle spéculation. Avec WWF, une valorisation des ressources naturelles en oléagineux sera mise en œuvre sur le plateau mahafaly.

Par ailleurs, PhileoL a noué une collaboration avec l’ONG EFA et l’ONG InTERREsolidaire de France pour avoir une complémentarité de compétence et de capacité dans le domaine de développement rural en général et en termes d’accompagnement paysan ainsi que de développement durable en particulier. Le projet d’amélioration des revenus des producteurs de ricin dans les districts de Tsihombe, Ambovombe et Beloha dans l’Androy, sous le portage del’ONG EFA, a reçu un financement de démarrage de 3 mois de la part de PNUD, en octobre 2011. La durée totale du projet est de 4 ans. Ce projet va contribuer à l’amélioration du rendement de la plantation de ricin et la productivité des 500 paysans producteurs. Plusieurs volets d’activités vont être mis en œuvre dans les 2 régions d’intervention soit 4 Communes dans le district d’Ambovombe, de Tsihombe et de Beloha. Ces activités concernent entre autres : l’amélioration des semences, l’appui technique aux planteurs pour les aider à valoriser les terrains de culture pour la campagne 2011-2012, l’appui aux planteurs pour diminuer les pertes post récolte, la définition d’une démarche de travail basée sur l’organisation collective des producteurs dans le cadre de relations commerciales équitables, l’initiation des paysans à la gestion simplifiée pour qu’ils deviennent plus tard des acteurs aptes à faire des transactions commerciales…

D’autres volets d’activités sont également prévus dans ce projet pour impliquer tous les acteurs gravitant autour de la plantation de ricin à savoir : la mobilisation des acteurs locaux pour la promotion de la filière ricin, le renforcement de capacité des parties prenantes en matière de développement socioéconomique et la bonne gouvernance…

Toujours dans l’optique d’améliorer la productivité paysanne de ricin, PhileoL est en cours de contractualisation avec le projet PSDR (Projet de Soutien au Développement Rural) pour mener une recherche-action sur l’amélioration de la performance culturale du ricin dans l’Androy pour la saison culturale 2012.

Pour la vision moyen terme, à partir de 2014, en vue de (1) améliorer la capacité (qualitative et quantitative) de transformation de la société, (2) mettre à jour de la technologie de transformation pour avoir une meilleure productivité ceci dans les normes exigées par la profession sur les plans : industriel, environnemental, social… et (3) produire des huiles végétales de qualité et en quantité pour satisfaire la demande croissante du marché à l’export et valoriser le prix de vente, PhileoL a obtenu une subvention du Projet PIC (Pôle Intégré de Croissance) pour mener une étude de faisabilité ainsi que conception technique du projet de mise en place d’une huilerie industrielle dans la zone franche du Port d’Ehoala suivies de la réalisation des investissements identifiés.

Informations financières

Investissements : constitués essentiellement par l’unité de transformation (presses, filtres, chaudières, neutraliseurs, matériels de stockage, matériels de manutention, silo de stockage…), ils se chiffrent à 280 000 Euro dont la majorité a été fourni par les associés. A ceux-ci s’ajoutent les matériels roulants (moto) utilisés pour le suivi technique des plantations paysannes. Des investissements supplémentaires de plus de 600 000 Euro seront prévus d’ici 2014 pour augmenter la capacité de production de l’unité et pour améliorer la qualité des produits.
Prix d’achat des graines de ricin, convenu avec les paysans : 400 Ar/kg, au cours de la saison 2011-2012, le prix d’achat a atteint le niveau de 500 Ar/kg.
Salaire minimum des agents : supérieur au barème minimum ; à partir de 100 000 Ar par mois pour les permanents et plus de 3 000 Ar par jour pour les journaliers et 5 000 Ar/jour pour les ouvriers à l’usine.

Mis à part les gênes administratives et le mauvais état des infrastructures routières et voies de desserte, l’axe principal des problèmes de PHILEOL Madagascar tourne autour de l’aspect technique.

Faible productivité du ricin en plantation paysanne, à ce jour moins de 250 kg/ha, due à :
l’emploi de semences dégénérées
le non maîtrise du facteur itinéraire technique
l’insuffisance des moyens de matériels agricoles adéquats, ayant son origine entre autres dans :
le faible pouvoir d’achat d’un grand nombre d’utilisateurs qui ne leur permet pas d’acquérir des matériels. Ce problème est aggravé par le coût élevé de ces derniers,
l’inexistence de débouchés valorisateurs des produits agricoles (sauf pour le ricin depuis l’installation de PhileoL dans la zone) qui a conduit les paysans à produire pour l’autoconsommation au lieu de produire pour le marché,
la faiblesse des capacités des organisations paysannes à constituer des centrales d’achat ou à utiliser un matériel collectif.
La zone de l’Androy est la moins mécanisée de tout Madagascar.

Tendance inflationniste du prix d’achat des graines en raison :
de l’insuffisance de l’offre (production paysanne de ricin) face à la demande (PhileoL, artisans et transformateurs locaux…) ;
de l’affluence des aides et subventions alimentaires qui ne motivent plus les paysans à produire davantage en quantité mais se contentent du peu qu’ils produisent, la hausse du prix unitaire serait leur solution pour améliorer leur revenu ;
l’existence d’acheteurs irréguliers et informels qui ne s’acquittent pas de leur taxes et ristournes et de ce fait se permettent de relever le prix d’achat unitaire ;
de la spéculation et de la rétention de graines par les paysannes faces à la propagation d’intox sur le fait qu’un tel acheteur achèterait à prix élevé.
Inexistence d’organisations paysannes valables agro-commercialement
Insuffisance en formation et éducation scolaire notamment pour les ouvriers de l’usine
Manque de compétence technique et d’encadrement
Insuffisance d’intervention des structures d’accompagnement paysan
Région soumise aux rudes conditions climatiques : pluviométrie faible et aléatoire, vents violents et asséchants
Région sensible aux crises alimentaires aigües correspondant notamment à la période de soudure (aout à décembre)
Par ailleurs, la dispersion géographique de la population, marquée par la densité démographique l’une des plus faibles de Madagascar, réduit la couverture de réseaux téléphoniques dans les chefs lieux de District et ses environs immédiats.

La stratégie globale de PhileoL Madagascar consiste à augmenter le volume de graines de ricin livré sur le marché afin que le prix se stabilise, par le mécanisme de l’offre et de la demande, à un niveau normal qui permet de dégager une rentabilité à PHILEOL et de motiver les paysans à produire davantage après chaque récolte. Une communication sera faite à l’endroit des paysans pour leur expliquer que l’augmentation de leur revenu se fera beaucoup plus par l’augmentation de la productivité et non pas sur l’augmentation du prix unitaire à l’achat.

PhileoL Madagascar vise comme objectif de satisfaire une partie des besoins en huile végétale du marché mondial. Atteindre les 1000 tonnes de graines de ricin puis 4000 tonnes de graines afin de satisfaire 10% de la demande de ses clients. Dans cette lancée, les producteurs agricoles amélioreront leurs capacités de production et d’organisation en lien avec PhileoL. Dans ce cadre, PhileoL s’appuiera sur ces aptitudes et celles de ses partenaires pour construire progressivement une collaboration visant à renforcer les capacités socioéconomiques des populations dans le cadre d’une démarche gagnant-gagnant. La coopération reposera sur la confiance acquise au fil du temps avec les producteurs et des contrats de collaboration fixant les engagements respectifs. Dialogue continu, visites régulières engendreront progressivement une connaissance mutuelle éclairée, base d’une collaboration reposant sur la proximité. Deux caractéristiques principales matérialiseront la démarche de PhileoL :

Un accompagnement des producteurs axé sur un renforcement de l’organisation collective selon le schéma suivant. L’émergence progressive de groupements de producteurs favorisera la mutualisation des moyens, le renforcement de la solidarité entre les producteurs et une meilleure capacité à négocier avec les acteurs de l’environnement.
Le ricin se positionne comme une alternative durable de source de revenus pour la population du Sud qui lutte cycliquement, sinon chroniquement, contre la famine. Promouvoir la culture de plantes non alimentaires, c’est également favoriser des revenus financiers nouveaux qui peuvent offrir aux producteurs l’opportunité d’amortir les effets souvent âpres de la période de soudure très longue dans cette région

PhileoL s’appuiera par ailleurs sur le fonctionnement social de l’Androy pour envisager un engagement dans la durée, accepter et partager par les communautés locales. PhileoL formera son personnel aux codes de conduite et aux spécificités sociales de la région, mobilisera des expertises et notamment celle d’un doctorant en anthropologie capable d’intégrer des aspects socioanthropologiques à la démarche d’accompagnement de PhileoL et de modéliser la démarche.

Etant des plantes pérennes et pluriannuelles, le revenu issu de la vente des oléagineux, notamment le ricin, est sure et est durable ; il garantit et sécurise les besoins monétaires en temps de disette.

Impacts environnementaux :
Contribution à la reforestation par la vulgarisation de différentes espèces d’oléagineux.
Maintien des dunes et mise en place de coupes vents lutte contre l’avancée des dunes.
Refertilisation naturelle des sols (formation d’humus et remonté en surface des éléments fertilisants du sol par le système radiculaire profond du ricin).
Lutte contre l’érosion par ruissellement et éolienne : plantation de ricin jouant le rôle de brise-vents pour les plantations vivrières.
Disponibilité de nouvelles sources d’énergie par la valorisation des bois (branches mortes) et coques de ricin.
Impacts sociaux :
Apport de complément alimentaire par l’utilisation des feuilles et gousses pour certaines espèces oléagineuses vulgarisées (Moringa oleifera)
Atténuation de la disette due à la possibilité de rentrée d’argent aux familles en période de soudure (eau très chère, alimentation par cueillette et récolte culturale quasi inexistante).
Initiation à la constitution de groupe sociaux par état de faite autour de la culture et commercialisation des oléagineux (actuellement 5% des paysans du Sud se sont regroupé sous forme d’Organisation paysanne, la situation est quasiment nul dans l’Androy, faute de filière pérenne).
Formation et transfert de capacités et de compétences techniques et socio-organisationnelles.
Animation sur les marchés grâce à la monétarisation des échanges.
Réduction du taux d’immigration grâce au revenu du ricin : la communauté Antandroy a une propension à l’immigration due essentiellement à l’inexistence d’activités génératrices de revenus stables dans leur région d’origine.
Impacts économiques :
Revenus financiers aux paysans : le revenu brut par paysans avec le développement de la filière dégage un gain supplémentaire de 150 000 Ar environ d’ici trois ans.
Revenus financiers auprès des autres acteurs économiques de la région : transporteur, couturière, mécanicien, commerçant, artisan, hôtelier, restaurateur…
Aménagement de nouvelles surfaces de cultures (vivrières et non vivrières) grâce à l’argent obtenu de la vente du ricin
Recettes à l’Administration : ristournes, taxes, …

Mise en confiance
La mise en confiance des producteurs au cours des trois premières années d’installation de PhileoL semble être en bonne voie sinon acquise. Cet investissement social souvent négligé sinon délaissé volontairement par les entrepreneurs pressés d’atteindre uniquement le objectifs commerciaux, fait la force de PhileoL Madagascar dans sa zone d’intervention.

Un système d’approvisionnement direct

En établissant un système d’approvisionnement direct auprès des paysans, la filière oléagineuse rétribue rentablement et équitablement les producteurs.

Conclusion

Ce projet se caractérise par sa grande complexité dans une région socio-culturellement difficile. L’environnement et le milieu immédiat de l’entrepreneur ne présente pas toujours des facteurs incitatifs… Mais il a aussi démontré une forte potentialité commerciale ce qui a convaincu les associés à s’y engager puis s’accrocher. L’activité économique de cette entreprise a de plus un impact important sur le développement local et touche la base de l’OMD. Il est un moteur économique pour une région reculée comme l’Androy. L’entreprise contribue énormément à l’amélioration des revenus en période de soudure. Par ailleurs, la diversification des produits garantit à l’entreprise sa stabilité économique pour pallier à la variation brutale annuelle de la production de graines en fonction de la pluviométrie.

Actualités

PhileoL à l'Elysée
Distribution semences ricin
Valorisation graines figues
Entretien WWF
Reportage figues
Emission Radio

Stéphane Philizot – fondateur

Nary Rasakazolo

Njaka Ravelomanantsoa